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D’ARIMATHIE.

« Je n’oserais, » dit ici Robert de Boron, « conter ni transcrire les hautes paroles apprises à Joseph, et je ne le pourrais faire, quand j’en aurais la volonté, si je n’avais par-devers moi le grand livre, écrit par les grands clercs, et où l’on trouve le grand secret nommé le Graal. »

Jésus-Christ ne quitta pas Joseph sans l’avertir qu’il serait un jour affranchi de sa prison. Il y demeura plus de quarante ans ; on l’avait complètement oublié en Judée, quand arriva dans la ville de Rome un pèlerin, jadis témoin de la prédication, des miracles et de la mort de Jésus. L’hôte qui l’hébergeait lui apprit que Vespasien, le fils de l’Empereur, était atteint d’une affreuse lèpre qui le forçait à vivre séparé de tous les vivants. Il était renfermé dans une tour sans fenêtre et sans escalier, et chaque jour on déposait sur une étroite lucarne le manger qui le soutenait. « Ne sauriez-vous, » ajouta l’hôte, « indiquer un remède à sa maladie ? — Non, » répondit le pèlerin, « mais je sais qu’au pays d’où je viens, il y avait dans ma jeunesse un grand prophète qui guérissait de tous les maux. Il se nommait Jésus de Nazareth. Je l’ai vu redressant les boiteux, illuminant les aveugles, rendant sains les gens pourris de lèpre. Les Juifs le firent mourir ; mais, s’il vivait encore,