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D’ARIMATHIE.

riter d’y avoir part. Grâce à ce don, vous serez bien accueillis partout, vous ne déplairez à personne ; je soutiendrai votre cause dans toutes les cours, et vous n’y serez jamais condamnés pour des délits que vous n’aurez pas commis. Quand Alain sera instruit de tout cela, apporte le saint vaisseau ; montre-lui le sang qui sortit de mon corps ; avertis-le des ruses qu’emploie l’ennemi pour décevoir ceux que j’aime : surtout, qu’il se garde de colère, la colère aveugle les hommes et les éloigne de la bonne voie : qu’il se défie des plaisirs de la chair et n’hésite pas à glorifier mon nom devant tous ceux dont il approchera. Il aura la garde de ses frères et sœurs ; il les conduira dans la contrée la plus reculée de l’Occident.

« Demain, quand vous serez tous assemblés, une grande clarté descendra sur vous, vous apportera un bref à l’adresse de Petrus, pour l’avertir de prendre congé de vous. Ne lui désignez pas la route à suivre ; lui-même vous indiquera celle qui conduit aux Vaus d’Avaron[1] ; il y demeurera jusqu’à l’arrivée du

  1. Ces Vaus d’Avaron, vers Occident, rappellent les fontaines d’Alaron que le poëme de Merlin place en Grande-Bretagne :

    Sic Bladudus eos, regni dum sceptra teneret,
    Constituit nomenque suæ consortis Alaron (v. 873).