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TRANSITION

à croire que Dieu eût révélé d’aussi grands secrets à une personne aussi humble ; on n’aurait pas pour le livre le respect qu’il mérite ; enfin on rendrait l’auteur responsable des fautes et des méprises que peuvent commettre les copistes. Ces raisons, dis-je, ne sont pas bonnes. Dieu, qui lui ordonnait de transcrire le livre, ne lui avait pas en même temps recommandé de cacher son nom ; s’il avait été jugé digne de recevoir une telle faveur, il ne devait pas prendre souci de ce qu’en diraient les envieux ; enfin la crainte des méprises et des interpolations que pouvaient commettre les copistes ne devait pas lui causer plus d’inquiétude qu’elle n’en avait causé à Moïse, aux Apôtres, à tant d’auteurs sacrés ou profanes. Il ne s’est pas nommé, pour entourer sa prétendue révélation d’un mystère plus impénétrable ; mais c’est là ce qu’il ne pouvait dire : seulement il eût pu se dispenser d’alléguer d’autres excuses.

Il s’est donné pour un prêtre, retiré dans un ermitage éloigné de tous chemins frayés. Laissons-le maintenant parler en abrégeant son récit :


« Le jeudi saint de l’année 717, après avoir achevé l’office de Ténèbres, je m’endormis, et bientôt je crus entendre d’une voix éclatante ces mots : Éveille-toi ; écoute d’une