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TRANSITION

l’homme puisse jamais recevoir. C’est un livre écrit de ma main, qu’il faut lire du cœur, aucune langue mortelle ne pouvant en prononcer les paroles sans agir sur les quatre éléments, troubler les cieux, agiter les airs, fendre la terre et changer la couleur des eaux. C’est pour tout homme qui l’ouvrira d’un cœur pur la joie du corps et de l’âme, et quiconque le verra n’aura pas à craindre de mort subite, quelle que soit même l’énormité de ses péchés. »

« La grande lumière que j’avais eu déjà tant de peine à soutenir s’accrut alors au point de m’aveugler. Je tombai sans connaissance, et, quand je sentis mes esprits revenir, je ne vis plus rien autour de moi, et j’aurais tenu pour songe ce qui venait de m’arriver, si je n’eusse retrouvé dans ma main le livre que le Grand Maître m’avait donné. Je me relevai alors, rempli d’une douce joie ; je fis mes prières, puis je regardai le livre et y trouvai au premier titre : C’est le commencement de ton lignage. Après l’avoir lu jusqu’à Prime[1], il me sembla l’avoir à peine commencé, tant il y avait de lettres dans ces petites pages. Je lus encore jusqu’à Tierce, et continuai à suivre les

  1. Six heures du matin. — Tierce répond à neuf ; Sexte, None et Vêpres à midi, trois et six heures.