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LE SAINT-GRAAL.

troisième une lance dont le fer était également rouge de sang ; le quatrième étendait devant le visage de l’homme une ceinture ensanglantée ; dans la main du cinquième était une verge tortillée, également humide de sang. Sur une bande que les cinq anges tenaient développée, il y avait des lettres qui disaient : Ce sont les armes avec lesquelles le Juge de tout le monde a vaincu la mort ; et sur le front de l’homme d’autres lettres blanches : En cette forme viendrai-je juger toutes choses, au jour épouvantable.

La terre sous les pieds de l’homme paraissait couverte d’une rosée sanglante qui la rendait toute vermeille.

Et l’arche semblait avoir alors dix fois sa première étendue. Les cinq anges circulaient sans peine dans l’intérieur autour de l’homme, qu’ils contemplaient les yeux remplis de larmes.

Josephe, ébloui de tout ce qu’il voyait, ne put prononcer une parole ; il s’inclina, baissa la tête et restait tout abîmé dans ses pensées, quand la voix céleste l’appela ; aussitôt il releva le front et vit un autre tableau.

L’homme était attaché sur la croix que tenaient les cinq anges. Les clous étaient entrés dans ses pieds et dans ses mains ; la ceinture serrait le milieu de son corps, sa tête retombait sur la poitrine ; on eût dit un homme dans les an-