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LES TROIS FUSEAUX.

sure faite par la femme. Et c’est de ton lignage que la guérison viendra. »

Cette vision le fit repentir de ce qu’il avait dit et pensé à la honte des femmes. Il se mit alors à chercher, à consulter toutes les écritures, et parvint enfin à pressentir la venue de la bonne sainte Marie, dans le sein virginal de laquelle devait être conçu l’Homme-Dieu. Il se réjouit en pensant que cette dame bienheureuse appartiendrait à son lignage, mais un seul doute lui restait : serait-elle la dernière de sa postérité ? La nuit suivante, une voix lui vint ôter ses inquiétudes : « Salomon, » dit-elle, « longtemps après la Vierge bienheureuse, un chevalier, le dernier de ta race, passera en sainteté de mœurs, en vaillance de chevalerie, tous ceux qui auront été ou seront avant ou après lui. Le soleil n’efface pas mieux les rayons de la lune, Josué, ton serourge, n’est pas plus au-dessus de tous les autres chevaliers de ton temps[1], que celui-ci n’effacera et ne surmontera la bonté, la prouesse de tous les chevaliers de tous les siècles. »

Tout ravi que fût Salomon de ces nouvelles,

  1. On voit que notre auteur ne connaissait que par ouï dire la sainte Bible : autrement, Josué, devenu, de par les poëtes du moyen âge, un des Neuf preux, ne serait pas ici le contemporain de Salomon, et, bien plus, son beau-frère.