Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 1.djvu/245

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
239
CÉLIDOINE.

influences célestes. Le soleil était en plein midi quand sa mère l’avait mis au monde ; aussitôt on avait vu l’astre rebrousser chemin vers l’horizon, et la lune paraître au couchant dans tout son éclat. On en conclut que l’enfant aurait toutes les vertus et toute la science que pouvait avoir un homme, et on lui donna le nom de Célidoine, c’est-à-dire, donné par le ciel.

Cet enfant, que l’odieux Calafer avait fait enfermer dans le même souterrain que son père, avait été délivré d’une façon non moins miraculeuse. Après l’enlèvement de Nascien, dont nous avons parlé, le tyran avait ordonné que l’on précipitât Célidoine du sommet de la plus haute tour d’Orbérique : à peine les bourreaux de Calafer l’eurent-ils laissé tomber que neuf mains dont les corps étaient cachés par un nuage l’arrêtèrent et le transportèrent au loin. C’est à quelques jours de là que la foudre céleste avait atteint Calafer.

Les traversées de Célidoine offrent moins d’incidents que celles de Mordrain et de Nascien. Les neuf mains qui l’avaient enlevé le conduisent dans une île lointaine où vient aborder le roi de Perse Label, dont il explique les songes multipliés, dont il prédit la mort prochaine et qu’il décide à recevoir le baptême, la veille de sa mort. Puis, abandonné dans une légère nacelle à la merci des flots par les Persans