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ARRIVÉE EN BRETAGNE.

dre de vue le but. Nous passerons rapidement à travers ces landes péniblement arides. Au point où nous sommes arrivés, il nous reste à conduire tous les nouveaux chrétiens sur le rivage de la Grande-Bretagne où les attend déjà Joseph d’Arimathie. Tandis que les deux belles sœurs, la reine Sarracinthe et la duchesse Flégétine, soupirent après le retour des cinq messagers qu’elles ont envoyés en quête de leurs époux, le jeune Célidoine, comme on l’a vu plus haut, a retrouvé son père Nascien dans l’Île Tournoyante où il avait été transporté. De là, recueillis par la nef de Salomon, ils ont pu rejoindre en pleine mer le navire qui conduisait le roi Mordrain.

Quant aux messagers, nous les avons laissés dans l’île d’Ipocras avec la demoiselle de Perse, fille du roi Label ; ils y sont visités à plusieurs reprises et par le démon, qui, sous diverses formes, les invite à revenir au culte des idoles, et par Jésus-Christ, qui les fortifie dans leur nouvelle créance. Le roi Mordrain et le duc Nascien nous ont habitués déjà aux épreuves de ce genre. Disons seulement que, s’étant remis en mer, ils rejoignent ceux qu’ils cherchaient. Mais à peine se sont-ils reconnus, que saint Hermoine, cet ermite auquel Nascien avait dédié une église dans sa ville d’Orbérique, fend les eaux sur un léger esquif et vient prendre Célidoine pour le