Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 1.djvu/288

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
282
LE SAINT-GRAAL.

Peu de jours après leur arrivée, la femme de Joseph mit au monde un fils qui, d’après l’avertissement céleste, fut nommé Galaad le Fort. Le roi Mehaignié, voyant accompli tout ce qu’il avait souhaité, dit à son beau-frère Nascien : « Je voudrais qu’il vous plût me transporter dans un hospice ou ermitage éloigné de toute autre habitation. Le monde et moi n’avons plus aucun besoin l’un de l’autre ; je serais un trop pénible fardeau pour ceux que d’autres soins réclament. Trouvez-moi l’asile que je désire, pendant que vous et votre sœur vivez encore : car, si j’attendais votre mort, je risquerais de rester au milieu de gens qui ne me seraient rien. »

Nascien demanda l’avis de Josephe. « Le roi Mehaignié, » dit l’évêque, « a raison. Il est bien éloigné du temps où la mort le visitera ; nous ni les enfants de nos enfants ne lui survivrons. Près d’ici, à sept lieues galloises, nous trouverons le réduit d’un bon ermite qui l’accueillera et se réjouira de pouvoir le servir. C’est là qu’il convient de transporter le roi Mehaignié. »

Quand fut disposée la litière sur laquelle on l’étendit, il partit accompagné du roi Nascien, du duc Ganor, des deux Joseph et de la reine Sarracinthe. L’ermitage où ils s’arrêtèrent était éloigné, comme avait dit Josephe, de toute ha-