Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 1.djvu/33

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tobre de cette même année 1147. On se voit donc obligé d’admettre, pour tout concilier, que Geoffroy de Monmouth aura plusieurs fois remanié son ouvrage.

Voici comment la pensée lui vint de le composer. Vers l’année 1130, Gautier, archidiacre d’Oxford[1], auquel on attribuait de grandes connaissances historiques, avait rapporté de France un livre qui aurait été écrit en langue bretonne, et qui, breton ou latin, contenait l’histoire des anciens rois de l’île de Bretagne. Gautier avait montré son volume à Geoffroy de Monmouth, en l’engageant, si l’on s’en rapporte au témoignage de celui-ci, à le traduire en latin. « Précisément alors, » ajoute Geoffroy, « j’avais été conduit, dans l’intérêt d’autres études, à jeter les yeux sur l’histoire des rois de Bretagne[2] ; et j’avais été surpris de ne trouver, ni dans Bède ni dans Gildas, la mention des

  1. Le nom de famille de l’archidiacre Gautier ou Walter ne nous est pas donné par Geoffroy. Mais, en consultant les listes d’anciens dignitaires de l’église d’Oxford, on a trouvé Walter of Wallingford, contemporain présumé de Geoffroi de Monmouth.
  2. In mirum contuli quod intra mentionem quam de regibus Britanniœ Gildas et Beda luculento tractatu fecerant, nihil de regibus qui ante incarnationem Christi Britanniam inhabitaverant, nihil etiam de Arturo cœterisque compluribus qui post incarnationem successerunt, reperissem : cum et gesta eorum digna æternitatis laude