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LE SAINT-GRAAL.

par Notre-Seigneur de la mort du roi Lancelot. Depuis ce jour, la fontaine de la Forêt Périlleuse ne cessa de bouillir jusqu’au moment où Galaad, le fils de Lancelot, vint la visiter.

Il y eut une autre merveille plus grande encore. De la tombe dans laquelle on avait déposé le corps du roi sortirent, à partir de ce moment, des gouttes de sang qui avaient la vertu de guérir les blessures de ceux qui en humectaient leurs plaies. Si bien qu’il y avait, sur le chemin qui conduisait à la fontaine, un concours de gens navrés qui venaient y chercher leur soulagement.

Or il arriva qu’un jour un lion, poursuivant un cerf, l’atteignit devant cette tombe et le tua. Comme il commençait à le dévorer, survint un second lion qui lui disputa la proie : ils se prirent des dents et des ongles, jusqu’à ce que de guerre lasse ils s’arrêtèrent, labourés de plaies mortelles. L’un des lions s’étendit sur la tombe, et, voyant que des gouttes de sang en jaillissaient, il les recueillit sur sa langue, en lécha ses plaies, qui sur-le-champ se refermèrent. L’autre lion imita son exemple et fut également guéri ; si bien que les deux animaux, en se regardant, perdirent toute envie de recommencer le combat, et, bien plus, devenus grands amis, ils ne voulurent plus se quitter. L’un se coucha au chevet, l’autre au pied de la tombe,