Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 1.djvu/83

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poëme fut assurément composé avant les romans de la Table ronde. Les allusions qu’on croit y découvrir aux guerres d’Irlande, extrêmement vagues en elles-mêmes, sont empruntées aux textes des prophéties en prose, dont la date est bien connue. Je dois ajouter que toute mon attention n’a pas suffi pour y découvrir le moindre trait qui pût se rapporter au règne de Henry II. Il est vrai que le poëte donne au savoir de l’évêque Robert de Quesnet des éloges que la postérité n’a démentis ni confirmés ; mais, dans la bouche de l’auteur de l’Historia Britortum, ces éloges ne sortent pas de la banalité des compliments obligés. J’en excepte pourtant le vers où l’on rappelle l’intérêt que les habitants de Lincoln avaient pris à l’élection du prélat :


Sic etenim mores, sic vita probata genusque,
Utilitasque loci, clerus populusque petebant.
Unde modo felix Lincolnia fertur ad astra.


On peut, en effet, rapprocher ces vers de l’empressement que montra Robert de Quesnet, suivant Giraud de Galles, pour multiplier dans la ville de Lincoln les foires et les marchés.

J’ajouterai qu’il ne peut y avoir aucune raison sérieuse de croire que la Vita Merlini ait été adressée à Robert Grossetest, évêque de Lincoln dans la première moitié du treizième siècle. Ce