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INTRODUCTION

oppresseurs. Et ce fut bien pis, quand Augustin, le chef de la mission, s’avisa de blâmer les formes consacrées de leur liturgie. « De quel droit, » disaient-ils, « le Pape vient-il désapprouver nos cérémonies et contester nos traditions ? Nous ne devons rien aux Romains ; nous avons été jadis chrétiennés par les premiers disciples de Jésus-Christ, miraculeusement arrivés d’Asie. Ils ont été nos premiers évêques ; ils ont transmis à ceux qui leur ont succédé le droit de sacrer et ordonner les autres. »

Il faut voir, dans le beau livre des Moines d’Occident, l’histoire de cette grande et curieuse querelle. L’animosité prit alors d’assez larges proportions pour que les envoyés de Rome fussent accusés par les clercs bretons d’avoir provoqué la ruine et l’incendie du célèbre monastère de Bangor, centre de la résistance à la nouvelle liturgie. Que l’accusation ait ou n’ait pas été fondée, que les motifs de séparation aient été plus ou moins plausibles, il n’en faut pas moins admettre que, pour justifier une si longue obstination, le clergé breton devait alléguer une ancienne tradition qui ne s’accordait pas avec les traditions des autres églises et les décisions de la cour de Rome.

M. le comte de Montalembert, après avoir reconnu l’ancienneté de la légende de l’apos-