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la reine aux grandes douleurs.


II.


Mais à peine étaient-ils entrés dans la forêt qui s’étendait le long de la rivière, que le traître sénéchal allait avertir Claudas de faire avancer ses gens vers la porte qu’ils trouveraient défermée. Malheureusement pour lui, Banin, toujours aux aguets, le vit rentrer. « — Comment ! sénéchal, dit-il, à cette heure sur pied ! D’où venez-vous donc ? — J’ai voulu m’assurer que Claudas ne tenterait rien contre nous, pendant l’absence du roi. — Vous avez choisi singulièrement votre heure, pour parlementer avec l’ennemi. — Eh quoi ! douteriez-vous de ma loyauté ? — Non, car, si je pouvais le croire, je vous défierais aussitôt. »

Le sénéchal remonta dans la tour, et bientôt on entendit un grand mouvement d’hommes et de chevaux. Les gens de Claudas étaient déjà dans le château et commençaient le pillage. Pour éloigner les soupçons, le sénéchal se mit à crier : « À l’arme ! trahi, trahi ! — Ah ! traître, ah ! félon ! lui cria Banin de son côté, puisses-tu comme Judas être payé de ta fausseté ! » Cependant le feu prenait aux faubourgs, à la ville ; maisons, moulins, tout croulait, il ne demeu-