Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 4.djvu/186

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lancelot champion de la reine.

nouveau merci. « Mauvais chevalier, dit Lancelot, laisse plutôt faire cette bonne épée : ne vaut-il pas mieux mourir que prononcer le honteux mot de recréance ? — Si m’aist Dieu, vous dites vrai : j’attendrai la mort de votre main, ne pouvant la recevoir de meilleur chevalier. » Alors il se tient immobile, la tête à peine couverte de la coiffe du haubert et des derniers lambeaux de son écu. Lancelot lui fait voler l’épée de la main ; tous ceux qui les regardent sont émus de compassion. Mais emporté par une ardeur de vengeance encore irritée par la vue de la reine, le vainqueur tranche d’un coup furieux heaume et ventaille, plonge Escalibur dans le crâne, et le corps s’étend devenu masse inanimée. « Ah ! belle et bonne épée, dit Lancelot en la remettant au fourreau, qui vous tient ne peut manquer de prouesse. » Il revient à son cheval et témoigne déjà de son impatience d’entendre une troisième fois sonner le cor.

Mais les barons de Carmelide étaient allés se jeter aux pieds du roi : « Sire, nous avons eu tort de laisser engager le combat avant d’avoir fait jurer aux champions qu’ils, défendaient une juste cause. Il conviendrait donc de leur demander en ce moment s’ils veulent faire serment, les uns que le jugement fut équitable, l’autre qu’il est entaché de félo-