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maladie de la fausse reine.

Il avança vers sa couche et lui demanda comment elle se trouvait. — « Mal, » dit-elle d’une voix claire ; « les mires n’entendent rien à ce que j’ai : je souhaiterais qu’on voulût bien me conduire à Montpellier[1] : une fois en mer je n’en sortirais que pour entrer dans la ville. — Dame, le voyage augmenterait votre malaise, et vous pourriez mourir dans la traversée. Il importe que vous soyez confessée, et justement, j’ai amené un clerc prud’homme qui saura bien vous conseiller. » Elle fit signe qu’elle souhaitait de le voir, et l’ermite se présenta prêt à ouïr sa confession. Pendant qu’il l’écoutait à part, un chevalier vint annoncer au roi que le vieux Bertolais était en danger de mort et demandait à lui parler en présence de ses barons.

Le roi Artus suivit le messager, pendant qu’Amustant exhortait la fausse reine. « Dame, vous êtes en aventure de mort : ce serait trop de perdre l’âme en même temps que le corps, et vous savez que nul ne peut être sauvé sans vraie confession. — Sire, répondit-elle, vous voulez sauver mon âme, mais je n’en vois pas le moyen. Je suis de toutes les femmes la plus déloyale et la plus perfide. J’ai tant fait que le preux et bon roi Artus a, pour moi,

  1. Var. En mon pays. (Msc. 1430.)