Page:Parran - Romantiques, Pétrus Borel, Alexandre Dumas, 1881.djvu/27

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au susdit collaborateur : Cui pars magna fuit. M. Auguste Maquet, qui, tout en louant l’intention, déclarait le latin exécrable, a dû sans doute, plus que tout autre, être favorisé du solécisme habituel.

Nous avons relevé, dans l’œuvre du maître, le chiffre énorme de 67 pièces de théâtre et de 600 volumes ; nous sommes loin, toutefois, même en faisant la part des omissions, des 1200 volumes que Dumas, dans sa préface des Mohicans de Paris, se vante d’avoir écrits, mais il faudrait se garder de prendre trop à la lettre les assertions de Dumas sur cet objet. Dans cette œuvre colossale, le temps, incorruptible lapidaire, aura à séparer le diamant du strass. Le déchet sera lourd, sans nul doute ; nous ne voulons pas insister sur les défaillances de cette intelligence merveilleuse, dont l’Année Terrible a éteint les derniers reflets.

Toutefois il restera assez de pierres précieuses pour en faire, au dramaturge et au romancier, une splendide couronne, dont l’éclat doit rejaillir sur son époque, sur son pays, et sur un fils illustre qui soutient et rehausse encore l’honneur du nom. Victor Hugo appelait Dumas un des éblouissements de son siècle, et Michelet, une des forces de la nature. Ce jugement sera celui de la postérité.

Revenant aux visées plus modestes du bibliophile, nous rechercherons, avec un vif intérêt, les éditions princeps des drames et des romans de Dumas, compris dans la période 1829-1840, qui sont les plus soignées, dont quelques-unes sont ornées d’eaux-fortes de Nanteuil, et qui sont encore, malgré leur rareté et leur réelle valeur, d’un prix abordable. Pour les autres, publiées en volumes in-8 dits de Cabinets de lecture à 7 fr. 50 le volume, ou en livraisons du Magasin théâtral à 50 centimes, mal imprimées et assez incorrectes, — Dumas avait bien autre chose à faire qu’à s’occuper des épreuves ! — Il faut évidemment se borner et choisir, car le bibliophile le plus résolu reculerait devant la tâche de réunir les œuvres complètes du maître. Dumas disait plaisamment lui-même qu’il n’avait jamais été assez riche pour en posséder la collection. Nous n’en avons pas aperçu un seul volume dans son cabinet du boulevard Malesherbes, dont le mobilier fut vendu aux enchères en 1871.

Malgré nos recherches, nous n’avons pu voir, par nous-même, tous les ouvrages que nous avons cités ; nous aurons par la suite à réparer bien des omissions, et pas mal d’erreurs ;