Page:Pasteur - Recherches sur la dissymétrie moléculaire des produits organiques naturels, 1860.djvu/13

La bibliothèque libre.
Cette page a été validée par deux contributeurs.

l’une des rares substances minérales chez lesquelles Haüy a rencontré des faces hémiédriques. Tout le monde connaît la forme habituelle de ce minéral, un prisme hexagonal régulier surmonté de deux pyramides à six faces. Il est clair que les angles trièdres situés à la base des faces de la pyramide sont identiques, et conséquemment, si l’un d’eux porte une face, elle devrait se reproduire également sur tous les autres. C’est ce qui arrive pour la face dite rhombifère par les minéralogistes.

Mais Haüy a remarqué le premier, dans certains échantillons, une face très-différente de celle-ci, qu’il a désignée par la lettre x, laquelle tombe plus d’un côté que de l’autre sans être double, comme l’exigerait dans ce cas la loi de symétrie. Une autre particularité très-curieuse de ces cristaux n’avait pas échappé aux cristallographes. C’est que cette face x s’incline tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre. Haüy, qui aimait à donner des épithètes propres à chaque variété d’une espèce, avait nommé plagièdre la variété de quartz portant la face x. On désigna sous le nom de plagièdres droits les cristaux où la face x s’inclinait à droite, le cristal étant orienté d’une manière convenue ; et plagièdres gauches, les cristaux où la face x s’inclinait en sens inverse.

Du reste, rien de plus variable que ce caractère. Ici il existe ; là il est absent. Sur un même cristal, il y a des angles qui portent la face x, d’autres qui devraient la porter ne l’ont pas. Quelquefois on trouve des faces plagièdres à droite et à gauche. Néanmoins, toutes les personnes versées dans la connaissance des cristaux s’accordaient à admettre qu’il y avait dans le quartz une véritable hémiédrie dans deux sens opposés.

Ici se place un rapprochement très-ingénieux dû à sir John Herschell, communiqué à la Société royale de Londres, en 1820.