Page:Paul Kane - Les Indiens de la baie d'Hudson.djvu/126

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hutte, où il me donne du saumon bouilli. Il semblait avoir pris grand soin de son uniforme ; mais malheureusement l’habit ne voulait pas s’élargir ; mais devant moi, l’habit éclate de partout dans le dos, ce qui met l’Indien fort à l’aise. Après avoir quitté ce sauvage, nous entrons dans la rivière Cowlitz que nous remontons environ huit milles. Nous campons sur ses bords. Nous voyons une famille d’émigrants qui poursuivait sa route monotone, à la recherche d’une résidence. Elle nous paraît dans l’état le plus misérable.

28 mars. — Un de mes Indiens étant tombé malade, je m’en procurai un autre et continuai de remonter la rivière très-lentement, à cause de la rapidité du courant. Les pins me parurent les plus grands que j’eusse jamais vus. J’en mesurai un qui avait été entraîné par le fleuve et qui probablement avait perdu le tiers de sa longueur. Il comptait encore cent quatre-vingts pieds de long ; il avait vingt-six pieds de circonférence à cinq pieds de sa racine.

29 mars. — Nous arrivâmes à un autre cimetière Indien qui paraissait extrêmement décoré. Je dis à mes hommes que je désirais aborder, mais ils n’en voulurent rien faire, ce qui m’obligea, en conséquence, à les débarquer sur le bord opposé de la rivière et à mener moi-même le canot à la rame. Ils se seraient certainement opposés à mon dessein sans ma réputation déjà répandue de magicien. Ils attribuaient mon talent à une cause surnaturelle, et je remarquai qu’ils regardaient mes dessins à travers leurs doigts, comme lorsqu’ils sont en face d’un mort. Je trouvai ce cimetière décoré à profusion des nombreux objets nécessaires aux défunts durant leur voyage dans le monde des esprits. Ces objets consistaient en couvertures, tas-