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LES INDIENS DE LA BAIE D’HUDSON.

la main où les saumons se prennent en foule et près de la surface. Les filets sont combinés de façon que le poisson, une fois entré, par ses efforts détache un petit bâton qui tenait le filet ouvert avant qu’il n’entrât. Le poids du saumon ferme alors l’ouverture comme une bourse, et on s’assure de lui. Le saumon constitue presque la seule nourriture des Indiens de la Colombie du Sud, et une pêche de deux mois suffit à leur consommation de toute l’année. Pour les préparer et les sécher, ils commencent par leur fendre le dos, puis chaque moitié séparément, ce qui les rend assez minces pour sécher facilement en quatre ou cinq jours. On coud ensuite les poissons dans des paillassons ou des herbes sèches, chacun contient environ quatre-vingt-dix ou cent livres, et on les place sur des échafaudages pour les garantir des chiens. Les Indiens pourraient, s’ils le voulaient, prendre un beaucoup plus grand nombre de saumons ; mais, comme le chef me le fit remarquer, s’ils prenaient tout ce qui s’offrait à eux, il ne resterait rien pour les Indiens de la partie inférieure de la rivière ; de sorte qu’ils se contentent de pourvoir strictement à leurs besoins.

Quelques jours avant de quitter Colville, j’appris que les Chualpays allaient célébrer une danse de scalp ; j’allai à leur camp, où j’appris qu’une petite troupe venait d’arriver d’une chasse dans les montagnes, et qu’elle rapportait, comme présent d’une tribu amie, le scalp d’un Indien pied-noir, cadeau d’une valeur inestimable.

Un Pied-Noir avait, quelques années auparavant, tué un Chualpay, et le meurtre était resté impuni. Ce scalp allait soulager la douleur de la veuve et des amis du défunt. On l’étendit sur un petit cerceau