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LES INDIENS DE LA BAIE D’HUDSON.

sans l’accompagnement des coups de bâton, mais cela fait la plus amusante scène du monde.

Le lendemain de bonne heure, je suis éveillé par des cris et des hurlements, qui me font sortir en toute hâte de ma chambre ; je crois que nous allons tous être assassinés. Ce sont les femmes qui attellent les chiens ; quel spectacle ! Les femmes, comme autant de furies, brandissent d’énormes bâtons dont elles frappent impitoyablement les malheureux animaux, qui se roulent en poussant des hurlements de douleur et de rage ; cette scène se renouvelle jusqu’à ce que chaque attelage soit en état de se mettre en route. Dans le courant de la journée, les hommes sont de retour ; ils apportent les quartiers de vache prêts à être placés dans la glacière, ainsi que mon énorme tête de bison, que je pèse avant de la faire écorcher ; elle a un poids de deux cent deux livres. J’en rapportai la peau avec moi, en souvenir de mon voyage.

À ce moment de l’année, le fort présente un charmant aspect de joyeuse activité, chacun s’occupe ; une partie des hommes chasse, quand le temps le permet, et rapporte du gibier ; les autres scient des planches dans la scierie, et construisent des bateaux d’environ trente pieds de longueur sur six de largeur, plus commodes que les canots pour transporter les marchandises au comptoir de York, sur la Saskatchawan et la rivière Rouge.

La plupart des embarcations de ce genre se construisent à Edmonton, parce qu’on en a besoin d’un plus grand nombre pour transporter les pelleteries au comptoir d’York, que pour rapporter de là les marchandises ; aussi plus de la moitié des bateaux construits ne reviennent jamais. Ce système de décharge