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de la seine à la volga.

Mardi 8 septembre. — Nous revenons vers le Caucase, mais il a perdu toute sa beauté majestueuse ; ce n’est plus qu’une chaîne de sommets arrondis et couverts de broussailles. Sur leurs pentes raides, la locomotive remorque avec effort sept ou huit wagons ; enfin, après avoir franchi deux tunnels, elle descend rapidement vers la mer Noire et la baie de Novo Rossisk.


mer noire et crimée — bessarabie et moldavie

Novo Rossisk est une petite ville de dix mille âmes et l’un des ports les plus fréquentés de la mer Noire. Chaque année, trois cents vaisseaux, anglais pour la plupart, y prennent le blé que le chemin de fer va chercher dans les plaines de la Russie méridionale. Un quartier industriel et commerçant s’y est créé récemment avec l’aide des capitaux d’une société française. Celle-ci a construit des jetées, des docks, et exploite des puits de naphte lourd qui, à l’inverse de ceux de Bakou, fournissent plus de résidus solides que de pétrole.

Du port de Novo Rossisk, je vois plusieurs bateaux partir vers la Crimée, mais, pour une raison ou pour une autre, ils ne consentent pas à transporter Tcherkess. Pour tromper l’ennui de cette longue attente et de mes déceptions successives, je vais explorer à cheval la côte vers le sud-est. Le chemin sinueux monte et descend sur le flanc de la montagne, passe près de quelques vignes et de rares maisons de campagne. C’est là tout ce qui révèle la présence de l’homme sur cette terre ingrate, dans ces broussailles.