Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/108

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Dans le conte de la Boule d’or, recueilli à Saint-Cast, trois chasseurs se réunissent dans un château, et laissent chaque jour l’un d’eux pour faire la cuisine ; les deux premiers sont aussi battus par le nain ; mais le troisième le blesse et, guidé par le sang, descend dans un souterrain d’où il tire trois princesses qui lui donnent chacune une boule d’or et un mouchoir d’argent. Les compagnons du chasseur, après avoir remonté les princesses, laissent leur camarade dans le souterrain d’où il se tire en montant sur un vieil aigle, auquel il faut donner de la viande. Il retrouve ses compagnons, découvre leur fourberie, leur pardonne et épouse la plus jolie des princesses.

Dans les Garçons forts, il y a quatre frères, Bras-de-Fer, qui a une canne de dix mille livres, Décotte-Montagne, Teurs-Chêne et Meule-de-Moulin, qui se mettent à courir les aventures. Tous les quatre sont battus par le nain, qui vient aussi mettre de la cendre dans leur marmite ; mais ils se réconcilient avec lui, voyant qu’il est le plus fort, et ils lui donnent leur sœur en mariage.

On peut encore comparer à Jean de l’Ours, parmi les contes français : l’Intrépide Gayant et Culotte verte, de Deulin ; Malbrouk, conte basque recueilli par Webster (p. 77) ; le Pêcheur et ses fils, du même recueil (p. 87) ; le Poirier aux poires d’or, conte breton de Luzel ; Jean à la barre de fer, conte breton de Troude et Milin ; Jean de l’Ours, la Bête à sept têtes, contes lorrains de Cosquin ; à la suite de ces deux derniers se trouvent de curieuses références à des contes étrangers analogues. (Cf. aussi les contes russes similaires analysés par M. de Gubernatis, Mythologie zoologique, t. I, p. 208 sqq.)