Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/13

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



Il y a cependant quelques endroits ou l’on en peut découvrir des fragments importants : ce sont les réunions d’hiver. Quand les soirées sont longues, on s’assemble parfois, et pendant que les uns travaillent, les autres disent des contes, proposent des devinettes ou chantent des chansons. Voici les noms et la description succincte de quelques-unes de ces assemblées.

Le Filouas, qui a disparu dans beaucoup de pays, a lieu le soir dans une ferme où un certain nombre de personnes se réunissent pour filouaser, c’est-à-dire filer à la quenouille ou au rouet ; les garçons qui ont des « bonnes amies » y viennent pour accompagner les filles et leur aider à tourner leur rouet. On y raconte des contes et des légendes ; on y dit des devinettes ; on y chante des chansons, et la soirée se termine parfois par des danses. Vers Ercé, où cette sorte de réunion se nomme Filanderie, il s’y trouvait parfois quarante ou cinquante personnes, et une femme âgée m’a assuré que, de son temps, il ne se passait guère de semaine sans qu’il y eût une ou plusieurs filanderies dans la commune.

On racontait aussi des contes aux Veillouas, réunions du soir où l’on se rassemblait surtout pour se divertir à jouer et à danser ; aux Érusseries de chanvre, où les jeunes garçons et les filles s’ai- -