Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/208

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II. Le Mouton sorcier.

Une jeune fille de Bourseul alla un jour à l’auberge, où elle resta à boire avec les cheminiaux — ce sont les terrassiers employés sur les routes. — Elle se fit dire la bonne aventure et tirer le grand jeu.

Il était tard quand elle sortit de l’auberge, et elle vit qu’elle était suivie par un mouton qui ne la quittait pas plus que son ombre. Elle se retourna vers lui pour le chasser ; mais loin de prendre la fuite, le mouton se mit à frapper des coups de tête dans son tablier.

La jeune fille vint à passer près d’une ferme dont elle connaissait les habitants ; elle résolut d’y aller pour demander du secours ; le mouton la suivit et ne s’arrêta qu’à la barrière de l’aire. Elle pria le fermier de venir la reconduire jusque chez elle, parce qu’elle avait peur d’un mouton qui la suivait avec obstination. Le maître du logis refusa ; mais un garçon qui était là proposa de l’accompagner, et il se mit en route avec