Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/220

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— Oui, répondit le mort, ce sera demain nos fiançailles.

Elle monta en croupe derrière lui sur la jument, et ils partirent.

Pendant la route, le jeune homme lui disait :

— La lune t’éclaire ; la mort t’accompagne ; n’as-tu pas peur ?

— Non, dit-elle, je n’ai pas peur avec toi.

Il se plaignit d’avoir mal à la tête.

— Noue, dit-elle, ton mouchoir autour de ton front.

Il répondit qu’il n’en avait pas, et la jeune fille lui prêta le sien qu’il s’attacha autour de la tête.

Ils arrivèrent à la porte de la maison de la fille, qui descendit de cheval et frappa pour se faire ouvrir.

— Qui est là ?

— C’est moi, votre fille, que vous avez envoyé chercher.

— Et par qui ?

— Par mon futur époux. Je suis montée en croupe derrière lui ; pendant la route, il m’a dit qu’il n’avait pas de mouchoir de poche, et je lui ai prêté le mien. Il est, j’en suis sûre, dans l’écurie à ôter la bride à notre jument blanche.

Ils allèrent dans l’écurie et ne trouvèrent point le fiancé ; mais la jument était baignée de sueur.