Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/246

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Quand la petite fille rentra, elle dit :

— Où est mon petit frère, que je le voie avec ses souliers rouges ?

— Il est dans le jardin, répondit la mère.

La petite fille y alla et revint sans avoir trouvé son frère.

Sa mère lui ordonna alors de souffler le feu pour faire bouillir la soupe.

Pendant que la petite fille soufflait, elle entendit sortir de la marmite une voix qui disait :

Petit feu, ma petite sœur ;
Petit feu, ma petite sœur.

À la porte, un oiseau perché sur une branche de pommier chantait :

Tu cuis ton petit frère ;
Tu cuis ton petit frère.

Elle demanda à sa mère ce que cela voulait dire.

— Donne un coup de balai à l’oiseau, répondit-elle, et il va se taire.

L’oiseau s’enfuit ; et quand la soupe fut faite, la mère envoya la petite fille dans la forêt porter à manger à son père.

Elle rencontra sur son chemin la sainte Vierge qui lui dit :

— Ramasse tous les os que ton père jettera autour de lui en mangeant, et apporte-les-moi.