Page:Paul de Musset - Course en voiturin, Italie et Sicile, 1845, 1.djvu/347

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quelques écus. Vous m’avez accordée à Zullino : je serai sa femme.

— Tu ne seras pas sa femme, s’écria le père. Je défends à Zullino de remettre les pieds chez moi, et demain, si tu ne fais pas bon visage au seigneur Benedetto, je te corrigerai avec une baguette. Vive Dieu ! cela n’a pas encore ses dents de sagesse, et cela veut raisonner !

— Zullino, reprit la toppatelle, tu as entendu : je suis ta femme. Je te regarderais comme un indigne si tu renonçais à ma main. Retire-toi pour ne pas avoir de querelle avec mon père, et compte sur ma parole. Notre mariage n’est que différé.

Après le départ de l’amoureux, il y eut du vacarme dans la maison du tailleur. Le père cria sans savoir ce qu’il disait. La mère cria et pleura pour apaiser son mari. Agata prit sa quenouille et fila paisiblement comme si tout ce bruit ne l’eût regardée en rien. Quand don Benedetto arriva dans sa riche parure, un bouquet à la main, la jeune fille lui tourna le dos et monta majestueusement dans sa chambre,