Page:Pavlovsky - En cellule, paru dans Le Temps, 12, 19 et 25 novembre 1879.djvu/46

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ce qui pourrait m’arriver de plus heureux, je vis ! Je commençais à me haïr moi-même, me considérant comme étant d’accord avec ceux qui voulaient me garder en prison… je ne peux même pas mourir pour la quitter !

On chauffait mon ancienne cellule, et, bien que dans l’espace d’une heure ou deux le froid y redevînt aussi rigoureux qu’auparavant, j’étais heureux de ne pas grelotter au moins pendant quelque temps. Maintenant je tremblais de froid depuis plusieurs jours sans aucun espoir de voir cesser cette nouvelle torture.

Malgré ma répugnance à parler au directeur, le froid m’y força. Je déclarai à mon tourmenteur qu’il n’y avait aucune nécessité de me faire geler, que j’étais déjà assez malade sans cela.

Le directeur me promit d’ordonner de faire du feu. Une demi-heure après, ma cellule commença à se remplir d’une fumée bleue, âcre et nauséabonde. J’étouffais. Je frappai à la porte. Pakhomof apparut.