Page:Peacock - Anthelia Melincourt T1.djvu/20

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ans, sa fille eut le malheur de le perdre.

Anthélia habita Mélincourt les douze premiers mois qui suivirent la mort de son père, dans une retraite absolue. À cette époque, il lui fut fait des offres pressantes de mariage, par de vieilles douairières de Londres, qui consultaient plus leurs intérêts que les siens, et qui n’auraient point été fâchées de disposer, à leur plus grand avantage, de la jeune héritière.

Anthélia n’avait remarqué personne dans la foule de ceux qui s’étaient déjà déclarés ses admirateurs ; un an de solitude achevèrent de les effacer de sa mémoire ; elle ne connaissait l’amour que de théorie et cette théorie elle se l’était créée pendant qu’elle errait dans ses montagnes solitaires, en lisant ses auteurs favoris ; les enthousiastes italiens : cette théorie, par cela même, avait un caractère d’exagération peu en harmonie avec le siécle.