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DES SAINTS INNOCENTS

Quelle instance, quelle humble instance, quelle noble instance, quelle tendre instance.

Voilà comme le saint parle au pécheur

Pour son salut. Jésus même

N’a jamais été plus tendre au pécheur. C’est que le saint par lui-même sait

Ce que c’est que d’être homme et ce qu’est la faiblesse humaine

Et l’infirmité de l’homme

Et ce que c’est pour l’homme que la tentation

De sa propre faiblesse. CarVesprit est prompt, mais la, chair est faible.

Et moi, dit Dieu, qui suis du côté des saints et nulle- ment du côté des Pharisiens,

Moi qui suis tout au bout du côté des saints

Moi aussi je sais quelle est la faiblesse et l’infirmité de l’homme (c’est moi qui l’ai fait),

Et je parle à Joinville comme saint Louis.

Comment serais-je moins tendre que saint Louis. Comme

lui je tremble Pour leur salut. Comme lui je sollicite, hélas. Pour leur salut. Les Pharisiens veulent que les autres

soient parfaits. Et ils exigent et ils réclament. Et ils ne parlent que de

cela. Mais moi je ne suis pas si exigeant. Parce que je sais ce que c’est que la perfection, je ne

leur en demande pas tant. Parce que je suis parfait et il n’y a que moi qui est

parfait.

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