Page:Pelletan - Le Monde marche.djvu/214

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pétuité, cette plénitude qui constitue véritablement l’essence et mérite le nom de félicité. Chacun de nous, sous peine de mentir à sa destinée, doit donc mettre le but, l’idéal suprême de la vie, du côté de l’âme, dans le développement de l’âme, puisque l’âme, infinie, rayonne l’émotion à l’infini sans défaillance et sans lassitude. Et comment pourrait-il en être autrement ? N’est-ce pas par elle en effet que nous tenons la place d’honneur dans la création et que nous exerçons sur la nature ce droit de commandement appelé le progrès ?

Si donc nous tenons à vivre parmi les heureux, j’aimerais mieux dire les élus de l’humanité, pour éviter toute confusion de pensée, développons notre âme, développons-la intégralement, harmonieusement, en sentiment et en connaissance, développons-la en sentiment par l’art, par la poésie, la peinture, la sculpture, la musique, la sympathie, l’admiration, l’enthousiasme, la pitié, la charité, le dévouement, la vertu, l’héroïsme. Autant de vies nouvelles que nous nous donnons par là, autant d’occasions de bonheur ; et ce bonheur ne fuit pas dans le temps ; le temps ne nous le reprend pas ; à toute heure et en toute circonstance, nous le retrouvons tout entier en nous, et nous le retrouvons d’autant plus intense que nous l’évoquons plus souvent. Développons enfin notre âme par la connaissance, par l’étude, la science, l’histoire, la conversation, la lecture, la méditation, le raisonnement, la philosophie, la discussion, la vérité enfin, assomption suprême et participation su-