Page:Pelletan - Le Monde marche.djvu/260

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délivrance. Que craignez-vous, et pourquoi resteriez-vous plus longtemps la tête dans la poussière ? Nous sommes la foi, nous sommes la force, nous sommes le nombre, nous sommes l’éternelle recrue ; toute femme qui accouche à l’heure qu’il est, accouche d’un soldat de l’avenir. Jetons-nous donc dans l’avenir à corps perdu : en avant !

Marchons ! les femmes au cœur haut, les fiancées au front pur n’auront de guirlandes et de sourires que pour les forts qui auront noué la ceinture et fait l’œuvre du Dieu vivant. Ne respirez-vous pas déjà les parfums de la Terre-Promise ? Là-bas sont les palmes, là-bas les récompenses et les haltes délicieuses sous les ombres divines, au milieu des joies et des abondances de la démocratie. Encore un pas, encore un effort, et vos yeux auront vu partout en Europe la liberté sacrée, mère de toute vertu ; or, pour précipiter cette heure de bénédiction, debout, mes amis, debout, mes frères d’idées, et en avant !

Honte à qui a peur de l’inspiration, parce que l’inspiration peut être un danger, ne fût-ce que d’ironie ! Quant à celui que le dieu du progrès a touché du doigt, lorsqu’il songe aux grandes choses à faire par notre génération élue entre toutes et trempée entre toutes dans les flammes et dans les larmes, il sent les torrents du Cédron passer à travers sa pensée ; il ne craint pas de prophétiser la rédemption de l’Europe et de lever la main pour donner le premier le signal du départ : en avant !


FIN.