Page:Pelletan - Le Monde marche.djvu/48

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coupe vidée, de la lampe allumée, de la lampe éteinte, le soir, sur le coussin de pourpre tout parfumé encore du rêve voluptueux de Sapho.

Cet autre, allaité au sein d’une meilleure nourrice que la philosophie de Bonald, lui dit de bonne amitié, au nom de l’école posthume de Saint-Simon : Comment ! tu déclares la pensée la faculté mère du progrès et, par cette raison, tu veux lui réserver la place d’honneur dans notre destinée. Mais tu es un moine pour le moins échappé du moyen âge. Retourne au couvent, jeûne, prie, pleure, sanglote, : mortifie ta, chair, couche-toi sur la cendre, enfonce dans ta poitrine la pointe du cilice, tends ton échelle au passant, mendie pour la gloire du Seigneur.

Cet autre, ministre du saint Évangile, lui dit au nom du calvinisme : Tu fais de l’épargne la vertu de l’ancêtre, et de l’écu le rédempteur de l’ignorance ; tu adores donc l’écu sans songer, malheureux que tu es, que si tu as le culte, le dieu pourrait bien te manquer. Mais pour adorer l’or ainsi, un morceau d’or frappé, Dieu sait à quelle image le plus souvent, tu dois avoir dans le secret de ton cœur quelque arrière-pensée de matérialisme. Tu reprends en sous-œuvre la doctrine d’Épicure : Mangeons et buvons, et quand le vin baisse dans notre verre, jetons en le reste au plafond, et mourons comme nous avons vécu, en chantant et en bravant le tombeau.

Un dernier, enfin, venu en droite ligne du dix-huitième siècle, fait au nom de Voltaire un livre contre les mysti-