Page:Pelletan - Le Monde marche.djvu/84

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VIII


La nature, avons-nous dit, prend l’existence de l’animal à forfait, elle lui donne dès le premier jour le vivre, dès le premier jour le couvert ; elle veut pour lui, elle agit pour lui, elle l’escorte pas à pas, elle l’enveloppe à chaque instant de sa prévoyance et de son assistance, si bien que toujours tenu à la main, toujours conduit à la lisière, toujours enfoncé dans l’indifférence de l’instinct, il vit comme la nature lui commande de vivre, va comme la nature lui ordonne d’aller. La sensation presse le ressort, la détente part, et l’action suit l’impulsion.

Mais après avoir établi l’homme chef suprême de la création, elle abdique son droit de tutelle en faveur de ce dernier-né de la planète, elle l’abandonne à lui-même, elle le confie à sa liberté, elle le charge de pour-