Page:Pelletan - Les Associations ouvrières dans le passé.djvu/121

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


IV. — En même temps que la maîtrise peut s’acquérir sans examen par lettre royale, elle se ferme à l’ouvrier grâce au « chef d’œuvre ». La règle des corporations n’est pas changée : il faut toujours avoir été apprenti et ouvrier, et avoir fait son chef-d’œuvre, pour devenir patron. Seulement, elle est éludée, grâce à la résistance des patrons. Le jeune homme riche, le fils de patron achète, sans travailler, un titre d’apprenti, avec de l’argent ; il fait faire son chef-d’œuvre, et il est toujours reçu. L’ouvrier qui a assez d’épargnes pour pouvoir passer trois mois au moins à ne faire qu’un chef-d’œuvre est le plus souvent refusé après ce temps écoulé.

Ainsi, une première division se creuse entre les patrons et les ouvriers. Mais l’esprit d’inégalité fait tant de progrès, que les patrons eux-mêmes se divisent en classes ; les jeunes, qui n’ont pas dix ans d’exercice ;