Page:Perey - Histoire d'une grande dame au XVIIIe siècle, La comtesse Hélène Potocka, 1888.djvu/161

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LA COMTESSE HÉLÈNE POTOCKA.

» Sa femme est de la maison de Chalabre, fort laide aussi ; ses yeux peuvent avoir été passables, ils sont fort noirs, elle a une bouche et des dents affreuses, ce qui distingue toute la famille. Elle n’a reçu aucune éducation, n’a point d’usage du monde, mais bonne femme, très vive.

» Fortunée, la fille aînée, est très petite de taille, les yeux assez jolis à la Chinoise, le nez bien, le teint beau, des cheveux cendrés, la main, la gorge et le pied jolis, mais la bouche grande et mal meublée de longues dents. Fort dévote, l’esprit étroit, aimant à lire, mais sans méthode, fort ignorante, elle écrit bien et tient la correspondance de toute la famille. Bonne enfant, un peu prude et sucrée.

» Éléonore, la seconde fille, est laide, un peu plus grande que sa sœur, fort maigre, la gorge plate, le pied charmant, la bouche et le nez du père avec un teint brouillé. Elle a de la drôlerie dans l’esprit, de la fierté, de la vivacité, n’aimant ni à lire ni à écrire. Elles sont toutes deux bonnes et sensibles, surtout Éléonore ; elles possèdent à merveille tous les détails du ménage, cousent parfaitement, font les robes à ravir et sont adroites à toute sorte d’ouvrages. Fortunée