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la guerre des boutons


juste en dessous du trou ménagé dans le toit, une ouverture libre qui favorisait le tirage.

Quant au sac, il y fut déposé par Lebrac, tout au fond, comme un ciboire sacré dans un tabernacle de roc, et muré solennellement jusqu’à l’heure où l’on aurait besoin d’y recourir.

Avant de le déposer dans le caveau, il l’offrit une dernière fois à l’adoration des fidèles, vérifia les livres de Tintin, compta minutieusement toutes les pièces, les laissa regarder et palper par tous ceux qui le désirèrent et remit sacerdotalement le tout dans son autel de pierre.

– Ça manque un peu d’images par ici, remarqua, en plissant les paupières, La Crique chez qui s’éveillait un certain sens esthétique et le goût de la couleur.

La Crique avait dans sa poche un miroir de deux sous qu’il sacrifia à la cause commune et déposa sur un entablement de roc. Ce fut le premier ornement de la cabane.

Et tandis que les uns préparaient le lit et bâtissaient les sièges, les autres partaient en expédition pour chercher dans le sous-bois de nouveaux matelas de feuilles mortes et des provisions de bois sec.

Comme on ne pouvait pas encombrer la maison d’une si grande quantité de combustible, on décida immédiatement de bâtir, tout à côté, une remise basse et assez vaste pour y entasser de suffisantes