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la guerre des boutons


servaient plus en classe, trouvait là son emploi et dressait dans un coin son manche noirci par la crasse des mains.

Enfin, comme il restait des planches disponibles, on bâtit, en les clouant ensemble, une feuille de table. Quatre piquets, fichés en terre devant le siège de Lebrac et consolidés à grand renfort de cailloutis, servirent de pieds. Des clous scellèrent la feuille à ces supports et l’on eut ainsi quelque chose qui n’était peut-être pas de la première élégance, mais qui tenait bon comme tout ce qu’on avait fait jusqu’alors.

Pendant ce temps, que devenaient les Velrans ?

Chaque jour on avait renouvelé les sentinelles au camp du Gros Buisson et, à aucun moment, les vigies n’avaient eu à signaler, par les trois coups de sifflet convenus, l’attaque des ennemis.

Ils étaient venus pourtant, les peigne-culs ; pas le premier jour, mais le second.

Oui, le deuxième jour, un groupe était apparu aux yeux de Tigibus, chef de patrouille ; ils avaient soigneusement épié, lui et ses hommes, les faits et gestes de ces niguedouilles, mais les autres avaient disparu mystérieusement. Le lendemain, deux ou trois guerriers de Velrans vinrent encore, passifs, se poster à la lisière et firent face continuellement aux sentinelles de Longeverne.

Il se passait quelque chose de pas ordinaire au