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la guerre des boutons


— Ça n’est pas vrai, riposta Camus, fort de sa bonne foi et de l’expérience des faits. Et lors, tous deux, haussés sur la pointe des pieds, bombant le ventre comme un baril, s’étaient mutuellement efforcés à se surpasser.

Aucune preuve convaincante de la supériorité de l’un d’eux n’étant jaillie avec les jets de cette rivalité, Bacaillé, qui voulait avoir sa querelle, trouva autre chose.

— C’est la mienne qu’est la plus grande, affirma-t-il.

— Des néf’es ! riposta Camus, c’est la mienne !

— Menteur ! Mesurons.

Camus se prêta à l’examen. Et c’était au moment de la comparaison que Bacaillé, gardant en réserve une partie de ce qu’il aurait dû lâcher précédemment, compissa aigrement et traîtreusement la main et le pantalon de Camus, sans défense.

Une gifle bien appliquée avait suivi cette ouverture salée des hostilités, puis vinrent sans délai la bousculade, le crêpage des tignasses, la chute des casquettes, le défoncement de la porte et le scandale de la cour.

— Sale salaud ! dégoûtant ! fumier ! râlait Camus, hors de lui.

— Assassin ! ripostait Bacaillé.

— Si vous ne vous taisez pas tous les deux, je