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la guerre des boutons


derrière ses lunettes comme des prunelles de chat dans la nuit.

Comme tous ses camarades d’ailleurs, Lebrac était convaincu d’avoir copié : évidemment, ça ne faisait de doute pour personne, inutile de répliquer ; mais on voulait savoir au moins s’il avait su tirer quelque fruit de cet exercice banni en principe des méthodes de la pédagogie moderne.

— Qu’est-ce que le mètre, Lebrac ?

— !…

— Qu’est-ce que le système métrique ?

— !…

— Comment a-t-on obtenu la longueur du mètre ?

— Euh !…

Trop éloigné de La Crique, Lebrac, les oreilles à l’affût, le front effroyablement plissé, suait sang et eau pour se rappeler quelque vague notion ayant trait à la matière. Enfin, il se remémora vaguement, très vaguement, deux noms propres cités : Delambre et La Condamine, mesureurs célèbres de morceaux de méridien. Malheureusement, dans son esprit, Delambre s’associait aux pipes en écume qui flambaient derrière la vitrine de Léon le buraliste. Aussi, hasarda-t-il, avec tout le doute qui convenait en si grave occurrence :

— C’est, c’est, Lécume et Lecon… Lecon !

— Hein ! qui ! quoi donc ! fit le père Simon au