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la guerre des boutons


n’y a qu’un moyen sûr, c’est de n’en pas avoir. Je propose donc qu’on se batte à poil !…

– Tout nus ! se récrièrent bon nombre de camarades, surpris, étonnés et même un peu effrayés de ce procédé violent qui choquait peut-être aussi leurs sentiments de pudeur.

– Parfaitement, reprit Lebrac. Si vous aviez reçu la danse, vous n’hésiteriez pas à dire comme moi.

Et par le menu, sans désir d’épater la galerie, pour la convaincre seulement, Lebrac narra les souffrances physiques et morales de sa captivité au bord du bois et la rentrée cuisante à la maison.

– Tout de même, objecta Boulot, s’il venait à passer du monde, si un mendiant venait à rouler par là et qu’il nous ratiboise nos frusques, si Bédouin nous retombait dessus !

– D’abord, reprit Lebrac, les habits on les cachera, et puis au besoin on mettra quelqu’un pour les garder !

S’il passe des gens et que ça les gêne, ils n’auront qu’à ne pas regarder et, pour ce qui est du père Bédouin, on l’emm… ! vous avez bien vu comme j’ai fait hier au soir.

– Oui, mais… fit Boulot, qui, décidément, n’avait pas du tout l’air de tenir à se montrer dans le simple appareil…

– C’est bon ! coupa Camus, clouant son adversaire