Page:Perrault - Contes des fées, 1886.djvu/94

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
94
CONTES DES FÉES.

mais elle n’en trouvait point qui eût assez d’esprit, et elle les écoutait tous sans s’engager à aucun d’eux.

Cependant il en vint un si puissant, si riche, si spirituel et si bien fait, qu’elle ne put s’empêcher d’avoir de la bonne volonté pour lui.

Son père s’en étant aperçu, lui dit qu’il la faisait la maîtresse sur le choix d’un époux, et qu’elle n’avait qu’à se déclarer.

Comme plus on a d’esprit, et plus on a de peine à prendre une ferme résolution sur cette affaire, elle demanda, après avoir remercié son père, qu’il lui donnât du temps pour y penser.

Elle alla par hasard se promener dans le bois où elle avait trouvé Riquet à la Houppe, pour rêver plus commodément à ce qu’elle avait à faire.

Dans le temps qu’elle se promenait rêvant profondément, elle entendit un bruit sourd sous ses pieds, comme de plusieurs personnes qui vont et viennent et qui agissent.

Ayant prêté l’oreille plus attentivement, elle ouït que l’un disait : « Apporte-moi cette chaudière ; » l’autre : « Mets du bois dans ce feu. »

La terre s’ouvrit dans le même temps, et elle vit sous ses pieds comme une grande cuisine pleine de cuisiniers, de marmitons et de