Page:Petit - De la vipère et des moyens de remédier à sa morsure.djvu/14

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mandibule et par le muscle crotaphite ; nécessairement alors le fluide délétère s’épanche dans la plaie opérée par les crochets redressés, en passant par le conduit intra-dentaire qui se prolonge, jusqu’à la pointe de la dent.

Les glandes qui préparent ou qui sécrètent l’humeur venimeuse, sont constituées par des follicules rameux dont les petites tiges frangées porteraient des feuillées pennées, creusées de petits canaux qui tous aboutissent dans un conduit lequel devient le canal unique et excréteur qui lui-même aboutit dans la dent, après s’être légèrement dilaté pour former une sorte de réservoir où l’humeur sécrétée peut s’accumuler. M. Soubeyran dit que cette humeur ne s’écoule pas d’une manière continue ; c’est que le crochet, en se repliant pour rentrer dans la bouche, détermine un pli ou un point d’appui sur l’os en bascule dans la direction du conduit dont les parois rapprochées l’obstruent ainsi momentanément.


Étude des mœurs de la Vipère.


La vipère commune est aussi petite, aussi faible, aussi innocente en apparence que son venin est dangereux. Ses couleurs ternes et sombres, ses mouvements agiles, ne sauraient en aucune façon lui attirer une attention que l’affreux poison distillé par ses crochets lui a mérité de tout temps.

(Lacépède.)


La vipère recherche les cantons boisés, montueux et pierreux, les terrains en pente au midi, la lisière des taillis secs, les rochers et les sables exposés au soleil. Quoique moins craintive que les couleuvres, elle fuit dès qu’elle en-