Page:Petit - De la vipère et des moyens de remédier à sa morsure.djvu/28

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chien ou le mouton, ceux que présentent nos grandes espèces sont d’une faible intensité ordinairement.


Symptômes généraux. Inappétence, dypsnée extrême, surtout quand la piqûre a été faite dans la région de l’encolure, principalement dans celle de la gorge ; le pouls est dur, fréquent et irrégulier. Bientôt se manifestent des vertiges, des lipothymies, des nausées, des tremblements, des vomissements de matières jaunes, des troubles intellectuels, des crampes, des convulsions ; on remarque aussi des sueurs froides et collicatives. La bouche sèche s’enflamme, la soif devient intense et inextinguible, la langue se tuméfie au point de ne pouvoir plus être contenue dans la bouche, le sphincter de l’anus se relâche, une sorte de paralysie du col de la vessie se produit, et comme conséquence on observe des défécations et des évacuations d’urine involontaires. Le froid, qui n’existait d’abord qu’aux extrémités, gagne de proche en proche tout le corps, et la mort ne tarde pas à mettre un terme aux souffrances atroces qui dévorent le malade.

De même qu’ils varient en intensité, les accidents se développent avec plus ou moins de rapidité. On a vu mourir en trente-sept heures des chiens qui avaient été mordus à la cuisse par une vipère, tandis qu’il y en a d’autres qui n’ont pas résisté plus de huit heures à l’influence du venin de ce reptile. Cette différence n’est pas étonnante aux yeux de celui qui se donne la peine de réfléchir, et peut être expliquée d’une part, par des circonstances relatives à l’animal agresseur, comme sa force, sa grosseur, le degré de colère dans lequel il est plongé, la quantité de venin qu’il a versé dans la plaie, le nombre de morsures qu’il a faites, la contrée plus ou moins méridionale qu’il habite, la température