Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 1re série, tome 3.djvu/94

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DISSERTATIONS

cription : ..... donas ..... bicto .... ia. Cette forme de manteau s’est toujours conservée depuis ce temps-là en France. Manuel Comnene [1] empereur de Constantinople, estant à Antioche, voulant faire voir aux François qu’il n’estoit pas moins adroit qu’eux à manier la lance dans les tournois, y parut à la françoise couvert d’un manteau, qui estoit fendu par la droite, et attaché d’une agraffe, afin d’avoir le bras libre pour combattre : χλαμύδα ἠσθημένος ἀστειοτέραν περὶ τὸν δεξιὸν ὦμον περονουμένην, καὶ ἀφιεῖσαν ἐλευθέραν τὴν χεῖρα κατὰ τὸ πόρπημα. De sorte que c’est cette espèce de manteau, dont il est parlé au testament de S. Everard duc de Frioul [2], Mantellum unum de auro paratum, cum fibulâ aureâ. Le compte d’Estienne de la Fontaine [3] argentier du Roy de l’an 1351, décrit ainsi les manteaux de nos roys, des princes du sang, et des chevaliers : « pour xx. aulnes et demie de fin velluiau vermeil de fors, pour faire une garnache, un long mantel fendu à un costé, et chaperon de meismes tout fourré d’ermines pour le Roy à la dernière feste de l’Estoille, etc. pour fourrer un surcot, un mantel long fendu à un costé, et chaperon de meismes, que le Roy ot d’une escarlate vermmeille, pour cause de ladite feste. » Et ailleurs : « pour le duc d’Orliens, pour fourrer un grand surcot, un mantel fendu à un costé, et chaperon de meismes, que ledit seigneur ot d’une escarlate vermeille. » Ce manteau représentoit le paludamentum des Romains, et est encore entre les habits royaux de nos princes, d’où les présidens à mortier du parlement les ont em-

  1. Nicet. Chon. in Man. l. 3, §. 3.
  2. Vanderhaer Mir. etc.
  3. En la Ch, des Compt. de Paris, Corn, par M. de Vion.