Page:Petrović-Njegoš - Les Lauriers de la montagne, trad. Veković, 1917.djvu/177

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(Le diacre ouvre la porte. Vouk Mandouchitch de mauvaise humeur, ses grandes moustaches noires tombent sur ses tokés cassés, le djéferdar brisé est dans sa main. Il s’assoit près du feu, tout couvert de sang ; il ne dit pas même : « Bonjour. » Tous s’étonnent de le voir ainsi.)


ÉVÊQUE DANILO


Qu’y a-t-il, Vouk ? tu parais effrayant !
je vois que tu viens d’une bataille sanglante,
tu as marché dans le grand feu,
Dieu sait et toi seul
si quelqu’un de là est resté vivant !
Sans difficultés les tokés ne se brisent pas,
et ne se cassent pas les djéferdars
qui sont forgés de fins fils d’acier.


VOUK MANDOUCHITCH
(Raconte tristement.)


À Stiépan-dan[1] m’arriva une cousine
mariée cet été à Chtitaré[2]
et me dit : « Voici les Turcs
à Chtitaré pour prendre les impôts ! »
Alors je réunis cinquante jeunes gens
et me cachai avec eux sous Chtitaré,

  1. Stiépan-dan : jour de Saint-Étienne, le 27 décembre vieux style.
  2. Chtitaré est un village à mi-chemin entre Riéka et Podgoritza.