Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/144

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Il arriva qu’une après-midi, comme elle était un peu en avance, il restait deux personnes qui attendaient leur tour de consultation. Le cabinet du médecin avait deux portes, l’une donnant sur l’entrée, l’autre sur le salon d’attente. Par la première sortait le visiteur, par la seconde le docteur passait la tête et faisait signe au suivant. Il la vit et lui adressa un clignement des deux yeux pour l’inviter à patienter. Elle ne passa qu’à son tour, elle ne s’en plaignit pas, ne voulant pas faire de scandale, mais jamais plus elle ne retourna chez lui.


Voici. Elle fit un effort et n’en eut pas tant de mal qu’elle l’eût pu croire. Certes, elle regretta des choses comme un mois perdu, comme la défaite, mais il lui restait une liberté plus large qui comportait de la hardiesse, car elle avait commencé une histoire et l’avait terminée à son jour. Il faut apprendre à savoir flotter. C’est pour cela que Paris est beau. On se dit : « Tiens, voilà ! Je ne sais que faire. Il y a les petites rues où l’on a moins peur, il