Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/243

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deux murs, limitait le monde et formait une vie à laquelle il tourna le dos. Et c’était triste, on arrivait ainsi chez les malades, sans un scrupule, on les mettait brusquement en place pour la fièvre, on était injuste, on était dur, on ne visitait même pas leur pensée.

Raphaël dit :

— Voilà, tu es encore tout bouleversé. Tu vois, j’aurais mieux fait de ne pas sortir. Allons, allons, c’est toi qui l’as voulu.

Il parlait de responsabilité, maintenant.

— Voyons, mon vieux, j’en étais sûr d’avance. Je sais qu’elle m’aime, j’en ai des preuves. Mais comprends donc ! C’est moi qu’elle aime. On ne quitte pas son grand-père pour un homme lorsqu’on ne l’aime pas. Il y a quatre ans que nous sommes ensemble. Crois-tu qu’on a pu coucher quatre ans avec un homme sans que ça se retrouve ? Veux-tu que je te dise comment elle m’a reçu ? Elle m’a reçu dans ses bras, elle m’a dit : J’étais folle. Je te dis qu’elle m’a dit : J’étais folle ! Veux-tu que je te dise encore pourquoi elle t’a aimé ? Elle t’a aimé par dépit, parce que je ne lui écrivais pas, parce que je ne lui en-