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d’Or. Au lieu d’accepter pour point de départ de spéculations nouvelles, des faits contraires à leurs prévisions, ils ne virent là qu’une résistance dernière du passé, que le suprême effort d’une civilisation agonisante ; et ils s’assemblèrent, armés de pied en cape, pour en triompher.

Le cas unique

L’affaire Dreyfus leur en fournit l’occasion et le moyen. Dans la dernière des Lettres qu’il adressa au Président de la République, à propos de cette affaire (Décembre 1900), Émile Zola a laissé échapper, à cet égard, un aveu bien typique. « Aux jours d’espoir de l’affaire Dreyfus, dit-il, nous avions fait un beau rêve. Ne tenions-nous pas le cas unique, un crime où s’étaient engagées toutes les forces réactionnaires, toutes celles qui font obstacle au libre progrès de l’humanité ? Jamais expérience plus décisive ne s’était présentée, jamais plus haute leçon de choses ne serait donnée au peuple. En quelques mois nous éclairerions sa conscience, nous ferions plus pour l’instruire et le mûrir que n’avait fait un siècle de luttes politi-